L'ETHIQUE PROTESTANTE ET L'ESPRIT DU CAPITALISME

PLAN DU TRAVAIL

 

I. Max WEBER (1864-1920) 

II. Plan de l’ouvrage.

III. Définition du vocabulaire utilisé.

IV. Le thème.

V. Les idées développées.

1. Les données statistiques utilisés : ceux du pays de Bade.

2. Conception de « l’esprit capitaliste ».

3. La réforme luthérienne : introduction de la notion de Beruf 

4. Le calvinisme.

5. Le piétisme.

6.Le rapprochement du calvinisme avec la vie économique.

VI. Le rapport aux thèmes.

VII. Analyse de la valeur scientifique de sa contribution.

VIII. L’acceptabilité de l’œuvre.

1. La motivation calviniste comme cause finale de l’esprit du capitalisme 

2. Le christianisme calviniste ayant des impulsions transcendantales se concrétisant dans les activités économiques 

3. Définition de l’éthique protestante en 3 étapes.

IX. Intérêt de l’ouvrage.

X. Les critiques.

XI. Remarques diverses.

 


I. Max WEBER (1864-1920) 

 

Juriste allemand et « historien de l’économie », Max WEBER est considéré comme l’un des fondateurs de la sociologie contemporaine. Sa méthode d’analyse des phénomènes sociaux, qualifiée de « sociologie compréhensive », repose sur la recherche du sens que les acteurs sociaux donnent à leurs actions.

En s’appuyant sur cette démarche, il a mis en évidence « l’affinité élective » entre la morale puritaine du calvinisme et la rationalisation économique et sociale qui caractérise l’essor du capitalisme. On dit que Max WEBER fut le 1er à fournir une explication claire sur l’émergence du capitalisme. Il associe cette émergence à une « Révolution des esprits, engendrée par la tourmente luthérienne ». La relation que WEBER établit entre l’éthique protestante et l’esprit du capitalisme repose sur le fait que le protestantisme représente le triomphe de la raison sur l’irrationnel dans le rapport de l’homme au réel. Le protestantisme aurait ainsi engendré l’esprit du capitalisme.

 

1905 est une date importante pour WEBER car c’est une époque pragmatique. Elle provoque la rédaction de l’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme qui a précédé ses études comparatives sur la relation entre religion et société dans les grandes religions de l’histoire universelle.

Il a réalisé par ailleurs des travaux dans des domaines très divers : sur les causes de l’essor du capitalisme en Europe occidentale, les types de légitimités qui fondent le pouvoir dans la société traditionnelle et dans les sociétés modernes , le développement du processus de rationalisation et de la bureaucratie dans les sociétés modernes, les classes sociales et d’autres formes de stratifications (statuts sociaux ; accès aux pouvoirs politiques).

 

Ses principaux ouvrages sont :

- L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme (1905),

- Le Savant et le politique (1919),

- Économie et société (1922).

 


 

II. Plan de l’ouvrage

Chapitre I : Le problème

Les points importants abordés sont :

1) Confession et stratification sociale,

2) L’ « esprit » du capitalisme,

3) La notion de Béruf chez LUTHER,

4) Objectifs de la recherche.

 

Chapitre II : L’éthique de la besogne dans le protestantisme ascétique

Les points importants abordés sont :

1) Les fondements religieux de l’ascétisme séculier : Le calvinisme, Le piétisme, Le méthodisme, Les sectes baptistes.

 2) Ascétisme et esprit capitaliste.


III. Définition du vocabulaire utilisé

 

Autonome : en science politique, se dit des petits groupes extrémistes.

 

Bureaucratie : au sens commun, la bureaucratie caractérise un appareil administratif marqué par le développement démesuré de ses fonctions, la routine, la lenteur d’exécution, le manque de transparence et les abus de pouvoir.

Selon Max WEBER, dans une approche sociologique, la bureaucratie est une forme d’organisation efficace qui contribue au processus de rationalisation des sociétés modernes. Présente dans toutes les grandes organisations des sociétés modernes, elle s’appuie sur des règles stables et un personnel compétent, recruté selon des critères objectifs.

 

Capitalisme : en économie, c’est un système dont la caractéristique essentielle demeure la propriété privée des moyens de production.

Selon M. WEBER et W. SOMBART, le terme désigne également une mentalité : esprit d’acquisition, d’initiative et de concurrence, goût du risque allié à la rationalité.

 

Éthique : du grec ethos qui signifie coutumes et /ou mœurs. En philosophie, c’est l’étude de façon théorique des fondements de la morale.

 

Dans l’anthropologie et la sociologie, c’est l’ensemble des normes acceptées par le groupe social. Ces normes ne sont pas écrites et sont seulement sanctionnées par la réprobation sociale.

 

Éthique protestante : l’éthique des protestants calvinistes se caractérise par des comportements ascétiques de valorisation du travail et de l’épargne.

 

Dans l’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme, WEBER dégage une affinité élective entre cette éthique de l’esprit et l’esprit du capitalisme caractérisé par la recherche du profit et l’organisation rationnelle des activités. L’éthique protestante aurait constitué ainsi, là où les protestants calvinistes étaient nombreux, un facteur important dans l’essor du capitalisme.

 

Rationalité : selon Max WEBER, l’application des principes de rationalité (calcul, efficacité) rend possible le processus de rationalisation des activités sociales. Elle suppose l’émergence d’une science rationnelle, positive et empirique se dégageant de l’emprise de la philosophie et de la religion.

 

Rationalisation : mode d’organisation qui repose sur des principes rationnels d’efficacité.

 

Pour Max Weber, dans les sociétés modernes, la rationalité en finalité (utilisation des moyens les plus efficaces pour atteindre les objectifs que l’on s’est fixé) devient le motif déterminant de l’action sociale des individus. La rationalisation des activités sociales présente les traits suivants : le calcul et l’efficacité guident les activités économiques marquées par l’extension des rapports formels et interpersonnels alors que se développe l’esprit scientifique  et d’un « désenchantement du monde ». La rationalisation s’appuie sur la bureaucratie et conduit au triomphe de la domination légale-rationnelle qui la favorise à son tour.


IV. Le thème

En 1904-1905, WEBER publie la 1ère version de « l’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme ».Il signe là, le manifeste inaugural d’une sociologie de la religion qui récuse la réduction exclusive du fait religieux à un irrationnel et étudie l’articulation des « intérêts » religieux et des pratiques sociales, des causes symboliques et des effets sociaux ou économiques.

Le titre du livre met sur le même plan le mot « esprit » et le mot « éthique » au sens pratique. Il explique pourquoi un certain nombre de pratiques acquièrent un caractère impératif, alors qu’elles semblent s’opposer aux instincts les plus courants et aux appétits les plus « naturels ». Elles sont impératives car elles deviennent légitimes. Elles sont donc justifiées par l’ensemble des valeurs donnant un sens aux expériences résultant des contacts des hommes avec la nature et /ou des hommes entre eux.

L’origine du nouvel esprit provient de la diffusion d’une nouvelle éthique où, seule une nouvelle éthique religieuse peut rompre un ordre qui se reproduit sous la forme de traditions et où, toute société est éthique quand les intérêts moraux et religieux sont considérés comme plus réels que les intérêts économiques et les structures appartenant à la pensée du travail.

L’étude d’une expérience religieuse en terme d’efficacité sociale en mettant en avant les données psychologiques et pragmatiques des religions pouvant inciter à l’action sociale.

 

Ce texte montre qu’il y a un engagement de la part de l’auteur par son apport conceptuel fondamental, la « fécondité », comme critère épistémologique par excellence. Dans l’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme, on a 4 piliers de l’arc causal, qui sont : l’éthique, l’esprit, le système et le phénomène.


V. Les idées développées

1. Les données statistiques utilisés : ceux du pays de Bade

Les bases de l’échantillon utilisés sont : « les chefs d’entreprise et les détenteurs de capitaux, aussi bien que les représentants des couches supérieures qualifiées de la main-d’œuvre et, plus encore, le personnel technique et commercial hautement éduqué des entreprises modernes, sont en grande majorité des protestants » (p.29)

2. Conception de « l’esprit capitaliste »

Pour reprendre les termes de WEBER : « GOTHEIM définit avec raison la diaspora calviniste comme la pépinière de l’économie capitaliste » (p.39).

En présentant les points de vue de Ferdinand KÜRBERGER et de Benjamin FRANKLIN, il dit : « ils prétendent que le fait de gagner de l’argent et d’augmenter son capital représente une morale », que WEBER appelle un ethos (éthique). Mais WEBER ne croit pas que cet ethos représente une morale selon laquelle le but est d’atteindre le bonheur : « l’argent est à ce point considéré comme une fin en soi qu’il apparaît entièrement transcendant et absolument irrationnel sous le rapport du bonheur de l’individu ou de l’avantage que celui-ci peut en prouver à en posséder » (p.50).

 

WEBER fait une distinction de l’esprit capitaliste et de l’esprit pré-capitaliste, « l’utilisation rationnelle du capital dans une entreprise permanente et l’organisation rationnelle capitaliste du travail n’était pas encore devenue la force dominante qui détermine l’activité économique » (p.59), cette organisation non rationnelle du travail est un leitmotiv du travail de l’économie pré-capitaliste : le « traditionalisme ».

3. La réforme luthérienne : introduction de la notion de Beruf

C’est avec la réforme que le mot Béruf a pris sens. Il est : « l’unique moyen de vivre d’une manière agréable à Dieu n’est pas de dépasser la morale de vie séculière par l’ascèse monastique, mais exclusivement d’accomplir dans le monde les devoirs correspondant à la place que l’existence assigne à l’individu dans la société (Lebensstellung), devoirs qui deviennent ainsi sa vocation (Béruf) » (p.90).

4. Le calvinisme

Cette religion protestante ascétique se caractérise notamment par le dogme de la prédestination. « Nous savons seulement qu’une sortie de l’humanité sera sauvée, l’autre damnée » (p.115). Les individus sont appelés à être des « élus » ou des « réprouvés ». C’est ce que WEBER traduit dans le passage où il parle d’un « refus de la magie en tant que moyen de salut. WEBER refuse le « désenchantement » du monde » (p.117) comme symptôme de la rationalité qui est la différence majeure avec le catholicisme.

L’élu « était totalement rationalisé en ce monde, et dominé entièrement par ce but unique : accroître sur terre la gloire de Dieu » (p.135).

5. Le piétisme

Au niveau de l’histoire, il semblerait que le dogme de la prédestination serait associé d’abord au piétisme plutôt qu’au calvinisme. WEBER relève une différence importante entre le calvinisme et le piétisme au sujet de l’élection. Dans le piétisme, « en aucun cas, l’élection ne pouvait être prouvée par le savoir théologique (…) de plus, le piétisme voulait rendre visible, sur cette terre, l’Église invisible des élus » (p.152).

L’éthique professionnelle rationnelle telle que développée dans le calvinisme n’est pas impossible en ce qui concerne le piétisme, car ce développement en est tout simplement retardé.

6. Le rapprochement du calvinisme avec la vie économique

Cette « esquisse » des fondements religieux de l’idée puritaine de la profession (Béruf) telle que présentée par WEBER laisse place à la recherche de ses manifestations dans la vie économique. WEBER nous explique que l’ascétisme protestant, bien qu’il rejetait la poursuite de la richesse comme une fin en soi, a pour signe de « bénédiction divine la richesse comme un fruit du travail professionnel ». Cette idée aura donc été le tremplin idéal pour le développement de l’économie capitaliste.

Le nouvel esprit protestant, le protestantisme tel que connu après la réforme, et plus particulièrement le calvinisme, aura mené les individus à concevoir l’image d’un Dieu distant et éloigné.


VI. Le rapport aux thèmes

 

Le calvinisme et le piétisme semblent être des éléments principaux de l’argumentation de WEBER concernant l’éthique de la « besogne » et les fondements de l’ascétisme religieux. Cependant, le méthodisme et les sectes baptistes (abordés rapidement) possèdent également une conception plus ou moins identique de l’idée puritaine de la profession. Selon WEBER, cet état de chose correspond à « la conception de l’état de grâce commune à toutes ces sectes … bien que les moyens de l’atteindre différassent pour chaque doctrine, cet état de grâce ne pouvait être garanti par nul sacrement magique » (p185).

 

« L’évaluation religieuse du travail sans relâche, continu, systématique, dans une profession séculaire, comme moyen ascétique le plus élevé et à la fois preuve la plus sûre, la plus évidente de régénération et de foi authentique » (p.211), aura conduit au développement de ce qu’il convient d’appeler l’ « esprit » du capitalisme.

Son objet d’étude demeure toutefois relativement bref quand à la notion de Béruf chez LUTHER. Il préfère donc « considérer en 1er temps les formes de protestantismes où la relation entre vie pratique et spiritualité est plus facile à cerner que dans le luthéranisme » (p.98).

 

La notion de « soif du profit » existe avant le capitalisme, mais la réalité de l’homme jusqu’au 16ème et 17ème siècle reste celle des conditions de son salut. Les religions donnent des solutions aux problèmes du salut.

 

Le protestantisme dans sa version puritaine innove en réunissant deux conditions, qui sont normalement séparées dans les religions traditionnelles:

1) le puritanisme abolit la distinction entre l’ascète religieux ou le « virtuose » qui fonde le monde et le croyant ordinaire ;

2) la destruction de la croyance à caractère magique et sacramental des rites religieux.

 

L’homme devient « Homo - œconomicus » par provocation, (mais l’homme moderne le restera par intérêt). Cette forme de capitalisme surgit en Europe, là où se développe la Réforme protestante.


VII. Analyse de la valeur scientifique de sa contribution

Etude de l’exactitude des énoncés de son œuvre (décidébilité) et une démonstration de sa thèse (portée) en 2 temps :

1) sur le plan, le niveau et le contenu de ses concepts, complétés par des restrictions telles que le calvinisme et le protestantisme ;

2) sur le genre de rapport qu’il attribue aux concomitances constatées, accompagnées de démonstrations.

 

Si on veut résumer l’idée de l’ouvrage, on aurait le travail comme genèse de la modernité. Ainsi, l’éthique protestante et l’esprit du capitalisme se révèle être un ouvrage fondateur pour l’étude du changement social. Il constitue une réflexion sur la formation du « professionnel », celui qui rationalise les pratiques de travail, auteur et acteur de sa modernité. Ce capitalisme moderne, porté par des « spécialistes sans âmes », pour reprendre l’expression de Max WEBER, résulte d’un paradoxe historique puisqu’il fut fondé par des hommes qui cherchaient à sauver leurs âmes.

 

Ce sont les protestants appartenant aux sectes puritaines qui auraient créer un nouveau « style de vie », un nouveau « tempérament ». Cette force de rupture bouleverse l’ordre traditionnel et participe à la naissance d’une nouvelle « civilisation » où l’économie occupe une place déterminante et où la rationalisation des pratiques sociales se renforce sans cesse.

 

Ces constats appellent les remarques suivantes :

1) ce n’est pas une étude du capitalisme, mais une étude de son esprit et de la genèse de cet esprit nouveau ;

2) le capitalisme se doit d’être différencié des formes du capitalisme ;

3) le capitalisme occidental renvoie à une forme du capitalisme doté d’un esprit nouveau ;

 

4) il faut expliquer et comprendre comment cette forme nouvelle a pu s’imposer en créant une profonde rupture avec les formes traditionnelles de l’économie et du capitalisme ;

 

5) WEBER sépare l’esprit des structures et érige cet esprit en une entité autonome affranchie de tout encrage social et indépendant du développement économique. Cet esprit gagne le groupe restreint, les entrepreneurs au sens moderne et surtout la fraction stratégique de tous ceux qui sont engagés dans le processus de production : les classes moyennes ou la bourgeoisie, si on utilise le vocabulaire du 18ème siècle.

 

Dans l’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme, WEBER montre que le développement du capitalisme moderne ne peut être expliqué ni par le jeu « naturel » de lois économiques « pures » (libéralisme économique), ni par l’économie déterminant en dernière instance (marxisme), ni par une constance psychologique comme la « soif de l’or » (SOMBART). Mais il ne substitue pas la causalité religieuse à la causalité économique : il explique l’importance de l’éthique, plus que du dogme d’ailleurs, dans le traditionalisme économique comme dans l’émergence des conduites et de concepts économiques nouveaux.

 

L’ethos calviniste, dans sa version puritaine, hostile aux traditions, à la magie, à la sentimentalité, au luxe, à tout ce qui est « irrationnel » car inefficace, inutile, était propice à la naissance de « l’esprit du capitalisme moderne ». Cet esprit est une mentalité et un style de vie impliquant le libéralisme politique et le libéralisme économique pour exploiter les « chances formellement pacifiques » de profiter du marché des biens et du travail. Une accumulation primitive du capital est possible sans le recours à la force. Le calvinisme et le puritanisme condamnent par ailleurs la jouissance des richesses, qu’il s’agisse de thésaurisation ou de dépenses, car elle est dangereuses pour le salut de l’âme. Seul l’investissement en capital favorable au développement des entreprises reste acceptable et sain.

 

Selon Max WEBER, c’est donc l’éthique qui constitue un facteur explicatif (et non une cause suffisante et nécessaire) de l’essor du capitalisme. Il s’intéresse donc au rapport entre la religion et la société, c’est-à-dire entre le domaine des valeurs et les pratiques économiques.

 

Il note cependant qu’il existe un esprit du capitalisme indépendant du capitalisme lui-même. Ainsi, l’idéal presque pur du capitalisme peut s’observer bien avant que n’apparaisse la grande industrie concentrée. WEBER reprend l’idée selon laquelle le capitalisme naît au 16ème siècle dans les milieux de confession protestante. Le système de valeurs catholiques qui forge la mentalité de l’occident chrétien est un obstacle au capitalisme (valorisation de la pauvreté, de la charité, critique du prêt à intérêt, …). Le calvinisme, au contraire, encourage un comportement congruent avec le capitalisme (valorisation du travail, notion de prédestination, …) : le croyant doit donc se comporter comme un moine chez qui le travail et l’entreprise remplace la prière et la contemplation. La conception que chaque religion se fait du salut est essentielle.

 

Le déclin des religions, la montée en puissance du capitalisme, la bureaucratie généralisée des activités, la socialisation de la science imposent la prédominance de la rationalité « cognitive-instrumentale ». Il s’en suit le « désenchantement du monde », la « perte d’un sens unifié du cosmos », crise morale et culturelle que manifeste le « polythéisme des valeurs » à la fin du 19ème siècle.


VIII. L’acceptabilité de l’œuvre

 

L’acceptabilité de l’œuvre repose sur l’acceptation ou la négation des concepts suivants : la motivation calviniste comme cause finale de l’esprit du capitalisme ; le christianisme d’expression calvinienne et zwinglienne fourni les impulsions transcendantales se concrétisant dans les activités économiques ; définition de l’éthique protestante.

1. La motivation calviniste comme cause finale de l’esprit du capitalisme :

 

Cette affinité compréhensive doit ressortir par rapport aux éthiques eudémoniques temporelles et tout particulièrement hédomiques (plus discussions de WEBER avec les marginalistes comme K.MENGER).

Précision des traits originaux de l’éthique calviniste en comparant les motivations transcendantales de « l’éthique économique des grandes religions du monde », dans le sens de typisation idéelle.

2. Le christianisme calviniste ayant des impulsions transcendantales se concrétisant dans les activités économiques

 

La manifestation du christianisme calviniste dans les activités économiques se traduit selon WEBER par :

 

1) L’idée de la récompense « au-delà » est accrue même dans la vie éternelle (le salut).

 

2) Le salut est incertain et pouvant être sujet d’attestation, de confirmation par une sorte d’épreuve, de probation.

Ex : tentative de constituer une Église en une aristocratie de saints confirmés

 

3) Confirmation dans les affaires temporelles par l’action sociale et par les résultats objectifs monnayables où l’efficacité sociale du chrétien se confirme (ascétisme utilitaire comparé avec le jésuitisme).

 

4) Concrétisation dans l’activité professionnelle.

3. Définition de l’éthique protestante en 3 étapes

1) Le judéo-christianisme monothéiste est par rapport aux autres religions de civilisation non méditerranéenne comme le confucianisme, le taoïsme, le bouddhisme et l’hindouisme.

2) Le judaïsme par rapport au christianisme.

3) Le calvinisme par rapport au christianisme pré-réformé et réformé d’autres tendances.

 

Dans ce texte, il y a une logique de l’origine transcendantale de l’ethos mentionné, par rapport aux autres facteurs théologiques, mais immanents. Le rapport existant entre l’inspiration d’éthique protestante et le caractère social capitaliste, rapport suggéré par les concomitances spatio-temporelles, est compréhensif de ces 2 phénomènes.


IX. Intérêt de l’ouvrage

 

La prétention wébérienne concerne la recherche de la cause spécifique du capitalisme par d’un côté, une identité réelle des concepts et d’un autre par une démonstration logique et acceptable du rapport vraiment significatif.

Le rapport est caractérisé par :

Affinité élective = connexion = adéquation = accoucher = imputation causale

WEBER hésite quand à l’autonomie de l’éthique protestante face à l’esprit du capitalisme. Cette hésitation est masquée par les notions telles que l’ « ethos », qui paraît plutôt appartenir à l’Éthique qu’à l’esprit. Le rapport causal entre ces 2 éléments est le raisonnement religieux et le caractère social capitaliste.

 

L’éconocratie, ou subordination de l’homme à l’activité économique, du ménage à l’entreprise, est présente à l’origine de façon assez répandue et naturelle en toute économie de subsistance. Elle se réaliserait plus facilement si l’on mettait en œuvre des disponibilités de tous genres, avec un dévouement continu et efficace pour acquérir des richesses. WEBER veut passer de l’unique au générique, pour situer l’imputation causale par rapport à l’induction qui dépasse la méthode de l’historisme.

Les aspects principaux du capitalisme se décrivent ainsi:

1) motifs psychologiques séculiers : sentiment de puissance.

2) « anthropologique » : « hérédité biologique », racial, ethnique (juif).

 

3) ethnopolitique, statique : minorité, diaspora et dynamique, changement de lieu.

 

4) naturel ou technique (possibilité).

 

5) économique (capital), social (classe), politique.

 


 

X. Les critiques

 

Inspiré de la notion de Béruf, c’est donc d’une approche paradoxale que Max WEBER nous livre finalement sa véritable conception de l’ « esprit » du capitalisme et sa définition. En effet, l’ascétisme protestant « voyait le summum du répréhensible dans la poursuite de la richesse en tant que fin en elle-même, et en même temps il tenait pour un signe de la bénédiction divine la richesse comme fruit du travail professionnel » (p.211). L’histoire de l’humanité a donc vu la rationalité passer de l’univers religieux à l’univers économique.

 

Il existe une concomitance de 2 phénomènes : réforme protestante et développement du capitalisme moderne. Il tient compte du rôle du nouvel esprit. Il fait aussi une interprétation à propos de la place des sectes protestantes dans la genèse du capitalisme occidental. L’esprit du capitalisme apparaît dès le Moyen Âge et se développe au sein du judaïsme (Wemer SOMBAT) et du capitalisme. Ces comportements économiques nouveaux semblent plus pertinents dans leur analyse de la constellation politique et sociale spécifique à l’Europe (Jean BAECHLER) ou à la création des élites face au désordre politique (Albert HIRSCHMAN).

 

Lors du basculement, les protestants ont joué un rôle majeur. Leur situation de bannis, d’exilés, soude leur communauté, leur volonté de s’intégrer. Leur origine géographique (villes-relais dans les échanges du capitalisme commercial), leur adhésion à l’érasmisme et les politiques, défavorables au développement du commerce et de l’industrie, menées par les États de la contre réforme favorise le développement de leur état d’esprit. L’action de ces sectes protestantes dans les pays d’accueil a sans doute aussi joué un rôle important dans ce processus.

Ana-baptistes, huguenots, piéristes, quakers diffusent ainsi une idéologie dirigée contre l’autorité de l’État et des Églises, la paresse et la consommation, mais favorable au travail de tous et à l’Esprit d’épargne.

Les relations entre l’éthique protestante et l’esprit du capitalisme sous forme d’ « affinités électives » ou d’homologies structurales, plus tôt qu’en terme de liaisons de causalité sont une évidence dans cette oeuvre.

 

La thèse de WEBER repose sur une présupposition contradictoire : si le croyant agit comme WEBER le suppose, cela signifie qu’il n’a pas compris le sens du dogme, et il n’a pas compris la vivacité de sa réaction face au « sentiment de terreur inouï » qui doit l’envahir ne s’explique pas. Cette contradiction pose la question de l’articulation entre les concepts qu’utilise WEBER.

Le rapport entre l’enseignement doctrinal et la conduite morale des hommes les plus conscients est doublement contingent, car la même conduite morale peut se marier avec des doctrines diverses et l’effet de la Réforme était « non-voulu », imprévu et en contradiction avec les fins proposés par les réformateurs.

WEBER se refuse d’affirmer une imputation causale et se limite à une simple constatation d’ « adéquation » entre une éthique religieuse et un ethos professionnel.


XI. Remarques diverses

Le protestantisme génère un gigantesque projet de rationalisation des pratiques qui se trouvent sous sa forme pure au sein des pratiques économiques dont l’efficacité est mesurable. Les progrès scientifiques et techniques n’entraînent pas automatiquement un progrès de la morale, de la culture ou du sens de la vie.

Bien que contestée ( : aucun des raisonnements et des faits qu ‘elle contient n’est pleinement convainquant), cette thèse s’avère particulièrement féconde pour expliquer les « transformations de la civilisation occidentale ».

La définition du contenu d’une matière autonome est :

1) le phénomène du protestantisme est pluridimensionnel dans le sens où nous faisons abstraction pour le moment de la diversité du protestantisme ;

2) à quelle manifestation de la réalité WEBER se rapporte-t-il dans cette étude ?

 

Il recherche l’aspect social qui agit sur des religions, qui sont des « éléments fondateurs de la conduite ». Les effets de la religion naissent « chez les individus isolés » qui doivent « exprimer une conception commune à des groupes humains dans leur totalité ».

Même si le protestantisme se réfère fortement à l’Écriture, elle ne sert que de source à l’explication de l’origine du phénomène du capitalisme. WEBER ne s’intéresse qu’au contenu de l’éthique protestante or la sphère économique autonome est comme un continuum lié par les flux des valeurs monétaires et la construction de l’ordre social.

 


ANDRIAMANAMPISOA Shatia

2003

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires (1)

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