La psychologie sociale

Présentation globale du livre

Intitulé : La psychologie sociale

Auteur : Jean STOETZEL

Editions : Champs – Flammarion

Champ d’inscription : Champ Psychologique (4ème de couverture)

Imprimé : 1978 à Poitiers, 350 p.

A propos de l’auteur

 

STOETZEL Jean est un sociologue français, (1910-1987), qui introduit en France la méthode des sondages d’opinion. Normalien, il est agrégé de philosophie et professeur (aux Etats-Unis, 1937). Sa rencontre avec le sociologue statisticien George GALLUP (1901-1984) l’amène à fonder l’IFOP (Institut Français d’Opinion Publique). Sa thèse en 1943 est consacrée à la « théorie des opinions ».

Pendant l’occupation, il devient consultant à la SNS (Service National des Statistiques) et fait la rencontre de René CAMILLE (1886-mort pour la France en 1945) et du chef de Service des sondages et statistiques de la Fondation Carrel.

A la création de l’INED (Institut National d’Etudes Démographiques), STOETZEL dirige pendant quelques temps la section de psychologie sociale, peu de temps après, il fonde la Revue Française de Sociologie.

 

Choix du livre

1. La psychologie sociale :

¤ Discipline commune à la psychologie et la sociologie. Psychologie pour les sociologues et sociologie pour les psychologues. Elle s’intéresse à l’influence des processus cognitifs et sociaux, sur les relations entre individus ou relations interpersonnelles et à la façon dont ces 2 dimensions interagissent entre elles pour produire du « social » ou du « psychologique ».

¤ Etude des interactions des individus, en groupe, en société et dans les organisations, comprise en double dimension, en tant qu’agents psychologiques et sociaux.

 

2. Ce qui m’a plu, c’est cette étude sur la psychologie sociale concernant la notion de relation interpersonnelle : étude des comportements individuels, influencés par les actions d’autrui, qui sont en perpétuelle adaptation ou transformation.

 

3. L’intérêt sociologique est le mode de compréhension de la structuration de ces relations humaines ou relations interpersonnelles, qui peuvent inclure des relations de type « dominant-dominé » ou encore « maltraitant-victime ».

 

4. Ouvrage interdisciplinaire, croise plusieurs champs appartenant aux sciences sociales

- illustrations précises – p. 284 – les variations de la mode,

- des emprunts à des travaux de laboratoire – p. 55 – tableaux sur les notions d’hérédité et de milieu,

- à l’observation ethnologique – p. 203 – les individus par transcendance et la conscience de soi,

- à l’analyse des langues – p. 117 – la perception ou p. 155/156 – les comportements d’intelligence.

 

Contenu général du livre

-          un avant propos,

-          une introduction en 2 chapitres (une présentation historique et une présentation épistémologique),

-          5 parties qui présentent le panorama de la psychologie sociale générale (rapport individu-culture, influence des conditions sociales sur le fonctionnement psychologique, présentation des problèmes entre personne-personnalité, présentation des relations interpersonnelles, présentation des comportements collectifs),

-          les dernières pages sont réservées à des cartes ethnologiques des peuples cités et différents indexes (auteurs, matières, ethnologique).

Ce qui nous concerne, thème retenu : Chapitre 15 – Les relations interpersonnelles (pp. 243-256)

Il y a 5 sous-parties, mais seulement 3 seront présentés :

¤ Le cadre social des relations entre personnes

¤ La perception d’autrui

¤ Le fonctionnement de la relation interpersonnelle

et la communication sans langage (chapitre 13. 2, p. 217 – La communication entre les personnes)

 

Champ d’application des relations interpersonnelles :

¤ Analyse de l’interaction sociale : déroulement d’activités variées, influences exercées par certains individus

¤ Frontières sociologiques et psychologiques : études des petits groupes (limites)

 

1. Le cadre social des relations entre personnes

La littérature morale parle de distinctions qui existent dans les relations mutuelles entre les hommes, avant la naissance de la sociologie scientifique. Ces distinctions se font à partir des marques extérieurs, c'est-à-dire ce qui est visible, que l’on peut compter. 

En 1925, le sociologue Bogardus[1] étudie les relations interpersonnelles et donne un sens objectif à l’expression de « distance sociale », c'est-à-dire en faisant apparaître un ordre hiérarchique dans les dispositions individuelles à s’associer. Les notions centrales restent le statut et le rôle. Il s’agit donc d’un examen des comportements de la personne et de la mise en présence des mécanismes de conduite qui dépendent des positions des personnes. Ces positions ne sont pas absolues mais relatives, réciproques et complémentaires. Une même personne peut occuper des positions différentes face à différentes personnes. Chacun escompte un comportement déterminé de l’autre à son endroit (son statut) et il sait que l’autre en face attend un certain type de comportement (son rôle). C’est le jeu du statut et du rôle, expliqué à la manière de Parsons dans l’analyse de la relation « patient-médecin ».

 

Le patient :

-          exemption des responsabilités,

-          droit inconditionnel à l’aide,

-          obligation de désirer guérir,

-          obligations de coopérer à la guérison.

Le médecin :

-          compétence technique instituée, 

-          universalisme du rôle (il ne choisit pas son client), spécificité professionnelle (compétence, autorité, privilèges, obligations liées au domaine de la maladie et de la santé),

-          neutralité affective (pas de sentiments personnels envers le malade),

-          désintéressement et altruisme (les garantis du médecin au malade désarmé, dans une situation où il peut être exploité).

Ces divers éléments de positions constituent un système et fournissent dans chaque application, un justificatif des actes et comportements adoptés dans ces relations interpersonnelles.

2. La perception d’autrui

La mise en présence de deux personnes induit une prise de conscience de l’autre, son existence face à soi. L’expression de la perception d’autrui englobe un certain nombre de conduites qui peuvent exister ensemble ou isolément, elle peut concerner l’état affectif ou l’humeur de la personne perçue, définir sa personnalité en faisant appel aux notions de types, traits, attitudes (souvent sources d’erreurs ou d’illusions).

Percevoir autrui : « le classer dans certaines catégories culturellement significatives, prendre conscience de son statut et de son rôle » (p. 248)

Le sujet qui perçoit présuppose et interprète les comportements de celui qui est regardé en fonction de ses cadres conceptuels, de la mise en application d’un double système de notions psychologiques et sociologiques, où les situations relationnelles varient en fonction de trois critères : la culture de la société, l’information (qualité), les expériences personnelles du sujet.

 

Des études ont été menées concernant la perception des états affectifs : la personnalité, les facteurs de ressemblances entre juge et jugé. C’est le « phénomène de halo »[2] dans le jugement mutuel auxquels s’ajoutent des mécanismes de la perception : l’erreur logique et l’indulgence. L’intérêt se décale vers la question de l’efficacité et non plus du fonctionnement.

 

L’impression d’autrui se base sur des comparaisons de ce qui est préalablement connu (expérience, conclusion hâtive, interprétation rapide, interaction accidentelle, imprévue et spontanée). Ce mode de raisonnement résulte du domaine de la psychologie populaire concernant la physionomie (voir les travaux d’Asch, 1946).

 

Dans une relation interpersonnelle on identifie des mécanismes : extension temporelle (une caractéristique momentanée pris pour un attribut permanent, comme un sourire=aimable), généralisation métaphorique (une peau grossière=personne brutale, pas raffinée).

« Dans les relations interpersonnelles, les interprétations réciproques des partenaires poussent parfois les racines dans l’histoire ultime de chaque percevant, qui ne peut plus ainsi s’accorder avec aucun autre ; ces représentations strictement personnelles sont appelées « parataxiques » par Sullivan » (p. 251).

 

3. Le fonctionnement de la relation interpersonnelle

Les conditions des liens interpersonnelles, la perception d’autrui et du cadre social des relations entre personnes sont en contradiction avec la bibliographie psychosociale, d’où l’exemple des 38 passions de Descartes dont l’étude des conduites interpersonnelles : estime et mépris, vénération et dédain, jalousie, moquerie, reconnaissance.

Dans le mode de fonctionnement des relations avec l’autre, la perception de soi-même et de l’autre (identification et projection) donnent lieu à des actions qui affectent directement la relation (ambivalence, transfert, agression) et actions qui influencent la conduite (refoulement, sublimation, rationalisation).

 

Communication = langage, mais on fait une lecture de nos attitudes corporelles et des expressions de notre visage, 3 éléments jouent un rôle important :

-          apparence physique,

-          geste,

-          expression momentanée du visage.

 

Les habits que l’on porte, notre apparence transmet des significations en donnant des expressions volontaires ou involontaires, véridiques ou fallacieuses (l’habit ne fait pas le moine) = études de la perception des personnes et de la psychologie du vêtement. L’apparence physique est un stimulus social qui joue son rôle dans la communication entre les personnes.

 

Le geste : attitude corporelle, gesticulation, mouvement expressifs. La gesticulation d’un individu est lié à sa nature, sa psychophysiologique sociale ou culturelle et son comportement délibéré.

 

Les gestes autiques : mains qui se tordent, pieds qui remuent sous la table…ne sont pas destinés à la communication mais trahit la personne (son état immédiat-qualité d’écoute ou impatience).

Les gestes habituelles : faire une révérence, doigt levé du professeur…expriment ce qu’on entend communiquer.

Les gestes symboliques : exprimés avec le corps…sont les éléments d’un langage déterminé culturellement. (Au Japon, on appelle une personne, la paume vers le sol, les doigts ramenés à soir).

 

La mimique : expression du visage, a pour fonction de stimuler les individus qui interagissent, dans un comportement d’échange social (provoque le dialogue, les émotions et des réactions en chaînes), elle sert aussi à orienter l’interaction (fait comprendre l’intention), importance du regard (son intensité, son degré d’application)

 

L’habillement, le geste, l’expression du visage sont des fonctions qui permettent aux individus de s’exprimer, de signifier leurs comportements, de communiquer.

Conclusion

Ce livre ne traite pas du processus d’évitement mutuelle mis en place dans les relations interpersonnelles, les contactes ne se font pas, la communication est brève.

Evitement : comportement de défense mis en place pour ne pas se trouver confronté avec une situation redoutée. Confrontée à une peur, la personne se « protège » des réactions d’autrui et de son environnement. L’individu qui opte pour cette stratégie ne demande pas une reconnaissance, mais plutôt qu’on le laisse tranquille, même s’il vit en marge de la société (phobie, agora phobie).


[1] Il a mis au point une échelle de mesure de la distance sociale ou « balance de distance sociale » est une balance psychologique d’essais de Emory S. Bogardus, Distance sociale dans la ville. Démarches et publications de la société sociologique américaine, 20, 1926, pp. 40-46, pour mesurer empiriquement la volonté des personnes qui sont dans une interaction sociale. C’est une balance cumulative identique à celle de Guttman (maximiser la reproductibilité des modèles de réponse des points simples).

[2] Effet de halo ou effet de notoriété, biais cognitif qui affecte notre perception des gens, caractéristique jugée positive à propos d’une personne, même sans les connaître. Peut avoir un effet sur le racisme. THORNDIKE, 1920.

 

 


 

 

ANDRIAMANAMPISOA Shatia, 2008.

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